Secret de confession : l’État devient une dictature religieuse


Posté par Thomas Debesse le 30/05/2026 à 20:40. cc Licence CC by (copiez-moi !)

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Ce lundi 1er juin 2026 sera examinée à l’Assemblée Nationale une proposition de loi soumettant les ministres du culte aux obligations de signalement de certaines violences y compris quand celles-ci ont été entendues en confession. Il s’agit en pratique de contraindre le prêtre à lever le secret de confession.

De prime abord, nombreux adhéreront à ce principe avant de se rendre compte que cette obligation transforme l’État français en dictature religieuse, la pratique sacramentelle animée par la foi devenant alors un moyen légal d’extorsion d’aveu.

Il est raisonnable de considérer spontanément que toute personne ayant acquis la connaissance d’un fait grave doit rapporter cette connaissance aux autorités compétentes, y compris les autorités publiques, afin de permettre la protection des victimes, la réparation éventuelle du mal quand c’est possible, la mise hors d’état de nuire de ceux commettant des faits graves, la répression des crimes, la prévention de la récidive, etc.

Mais il ne faut pas faire abstraction du moyen utilisé pour obtenir cette information.

Ce qui est exprimé verbalement dans le sacrement de confession est exprimé par domination spirituelle. Je n’emploie pas ici le mot de « domination » négativement, je l’emploie de la même façon que l’on peut dire par exemple « en grandissant vers l’âge adulte, l’être humain apprend à dominer ses passions ».

Le devoir de confession est un devoir moral qui est uniquement contraint par une domination spirituelle à laquelle la personne humaine accepte de se soumettre. On distingue deux types de contritions : la contrition parfaite, par amour du Christ, et la contrition imparfaite, par peur de l’enfer.

Pour qu’une personne se contraigne à la confession par contrition parfaite, cette personne doit être convaincue préalablement que Jésus existe, qu’il est Dieu, le créateur de toute chose, qu’il s’est incarné, qu’il est mort et est ressuscité pour la sauver.

Pour qu’une personne se contraigne à la confession par contrition imparfaite, cette personne doit être convaincue qu’il existe une vie après la mort, que l’enfer existe et que c’est une souffrance éternelle, qu’elle mérite cette souffrance éternelle et que sa confession lui permet d’en être libérée.

Ce sont ces convictions produites par la foi et enseignées par une doctrine religieuse qui contraignent une personne à exprimer un aveu auprès d’un prêtre dans la confession.

Dès lors que l’État contraint la communication de l’aveu exprimé dans la confession, l’État utilise et requiert la domination spirituelle de cette foi pour obtenir cet aveu, comme moyen de collecte de renseignements et comme moyen de documentation dans ses enquêtes de police, comme moyen d’instruction des affaires judiciaires, et comme moyen de gouvernement des hommes, d’administration, et d’exercice du pouvoir politique.

L’État devient alors une dictature religieuse qui instrumentalise la pratique religieuse et la foi comme moyens d’extorsion d’information pour exécuter ses fonctions régaliennes.

Quand l’État contraint par la loi un prêtre à révéler un secret de confession, l’État recourt à l’autorité spirituelle de l’Église et à un système de croyance exclusivement religieux pour obtenir les aveux. Quand le prêtre est contraint par la loi à révéler à l’autorité publique les aveux qu’il entend en confession, l’État mobilise la discipline sacramentelle et la foi elle-même comme instruments d’obtention d’informations en vue de leur exploitation dans ses missions de police, de justice, et de gouvernement.

L’État devient alors une autorité centrale incontestable dans tous les aspects de la vie, y compris dans sa dimension spirituelle, exerçant alors une emprise mentale et religieuse sur les administrés. Si la proposition de loi est adoptée, l’État français se comportera comme une secte.

Face à cette dictature religieuse qui utilise ainsi la foi et la doctrine religieuse pour extorquer des aveux de la population, le refus de collaborer expose à toutes les mesures de rétorsion et châtiments que l’État pourrait imposer : ostracisation, amendes, perte d’emploi, travail forcé, exil, déportation, internement, mort.

Et n’oubliez pas de vivre.


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