Sacres FSSPX : la division qui vient


Posté par Thomas Debesse le 30/06/2026 à 18:00. cc Licence CC by (copiez-moi !)

La division qui vient
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Au sujet des sacres d’évêques annoncés par la Fraternité Saint Pie X pour ce 1er juillet 2026, beaucoup de commentateurs, portes-paroles, et chroniqueurs se sont longuement exprimés, défendant, dénonçant, justifiant, condamnant. Ils ont discuté le droit, ils ont discuté la doctrine, ils ont discuté la nécessité, ils ont discuté l’opportunité, ils ont discuté la fidélité. Il y a un sujet que je n’ai pas vraiment entendu traiter, c’est celui de la division qui vient.

Je n’ai pas de familiarité particulière envers Notre-Dame de la Salette, mais je ne peux m’empêcher de voir l’image de Marie pleurant dans ses mains.

En 1988, lors des premiers sacres, les familles se sont divisées, les associations se sont scindées, les communautés se sont séparées.

40 ans après, les blessures sont encore difficiles à guérir. Certaines réconciliation sont fragiles, et d’autres sont encore à faire. Et la division qui vient pourrait être pire encore.

Alors peut-être qu’il ne va rien se passer, peut-être que les gens sont blasés. Peut-être, et ce n’est pas une bonne chose, cette division est déjà suffisamment installée pour qu’elle ne puisse s’approfondir vraiment plus. Je ne sais. Mais peut-être ne savons-nous pas encore ce qui va vraiment nous arriver.

Car il y a une différence fondamentale entre une désobéissance et le renouvellement d’une désobéissance.

Vous connaissez cette phrase de l’Évangile de Matthieu au chapitre 5, « si on te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ». Pourquoi tendre l’autre joue à celui qui vous a giflé ? Parce que ce faisant vous mettez l’autre dans la position de reproduire son geste, vous le replacez en capacité de discerner son geste avant de le poser, et vous lui en donnez le temps. En fait tendre l’autre joue n’est pas un acte de faiblesse, c’est un acte fort, parfois même violent : vous identifiez clairement le mal qui a été fait et vous proposez le choix d’y renoncer, vous proposez le choix de la conversion. En théologie morale on dit alors que l’ignorance a été vaincue. Tendre l’autre joue garantit la ferme intention du mal quand l’acte mauvais est reproduit. Et si donc l’acte est répété, la condamnation peut être totale.

Celui qui vous gifle la première fois pourrait être excusé par son ignorance, peut-être ne sait-il pas ce qu’il a fait. Peut-être s’est-il simplement emporté et il pourrait accuser ses propres passions. Mais en tendant l’autre joue vous ne laissez pas d’autre choix : la conversion, ou la ferme volonté du mal.

Et si c’est vous qui posez l’acte mauvais, et que la joue vous a été re-rendue, alors, vous ne pouvez plus être excusé, et seul le pardon sera votre secours. Lorsque la joue vous a été re-tendue et que vous avez renouvelé votre acte, votre sort ne dépend plus de votre volonté, votre sort est suspendu à la décision d’un autre. Vous ne pouvez plus compter sur votre propre puissance, vous ne pouvez plus alors compter que sur la Miséricorde. Votre Salut ne tient que dans la charité de celui que vous avez offensé.

Vous connaissez cette locution latine « Errare humanum est, sed perseverare diabolicum », L’erreur est humaine, mais persévérer est diabolique.

Ainsi donc, je crains les souffrances à venir, je crains la division qui vient. Et je vous invite à partager cette crainte.

Il y a dans la passion trois dimensions que nous pouvons éprouver ici. D’abord la compassion, une forme profonde de charité : souffrir avec. Ce n’est pas le fait de partager la souffrance, mais de partager le fait de souffrir. La compassion c’est souffrir avec celui qui souffre. Ensuite vient l’empathie, qui suppose de partager la même souffrance, c’est-à-dire que la souffrance de l’autre vous atteint et vous éprouve. C’est une passion plus délicate et il faut savoir la mesurer car elle peut vous blesser. Vient ensuite la pitié. Le fait même que l’autre souffre vous atteint et cette souffrance de l’autre vous dirige. La pitié vous rend plus vulnérable encore, car la pitié a le pouvoir de vous faire donner votre vie.

Le Christ s’incarne, il vit parmi nous : c’est la compassion. Il souffre sur la croix, c’est l’empathie. Et il donne sa vie pour nous, parce qu’il a pitié de nous.

Et ici je pense que nous pouvons nous aussi vivre ces trois dimensions : la compassion, l’empathie, et la pitié.

Ta souffrance me bouleverse et je comprends qu’un Dieu puisse t’aimer.

N’oubliez-pas de vivre.


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